Marc, chercheur d’images et montreur d’histoires

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Marc Meinau, employé au Département depuis 1999, est conseiller éducation jeunesse à la direction des politiques éducatives et sportives. Il est aussi photographe, poète, conteur d’histoire et perpétuel apprenti.

Marc photographie chaque jour, comme un écrivain s’astreint à rédiger son quota de pages. Équipé d’un de ses appareils, un numérique de poche, il porte attention à tout et s’efforce de saisir la poésie d’un instant ou d’un lieu. Tout est motif à raconter une histoire : une chapelle dans les champs, son jardin, la passerelle des Deux-Rives à Strasbourg.

 

Retoucher vite et peu

"J’ai envie de montrer aux gens ce qu'ils n'auraient peut-être pas vu. C’est aussi une manière d’apprendre. Plus je photographie, plus je progresse et plus je ressens le besoin de me former." Pas sur la technique, qu’il maîtrise, ni sur les retouches, "j’ai appris à retoucher vite et peu, l’idée étant simplement de retrouver les couleurs, les impressions dont je me souviens. En revanche, j’ai besoin d’être guidé dans ma démarche artistique. J’ai suivi des cours avec un photographe que j’admire, Jean-Christophe Bechet. Il m’a appris à m’interroger sur le style et à trier plus sérieusement ce qui est intéressant de ce qui l’est moins."

Pour progresser, Marc s’astreint à publier chaque jour, sa manière à lui d’utiliser les réseaux sociaux. "Il s’agit moins de me faire connaître que de me confronter au regard des autres. J’expose parce que c'est un moyen de faire exister les photos, de légitimer le travail. Et puis, ça m’oblige à travailler et à continuer à apprendre."

 

Concevoir la photo différemment

Une démarche faite de curiosité et d’apprentissage née au début des années 2000, alors qu’il dirigeait la colonie de vacances des enfants du personnel à Wangenbourg. "J’avais commencé la photo à 8 ans puis laissé tomber. Lors de ces "colos", de 2000 à 2011, j’ai replongé. À la fois comme souvenirs pour les parents et comme projet pédagogique pour les enfants. J’ai progressé avec eux alors que la photo vivait de grands bouleversements techniques : l’apparition des appareils jetables, du numérique puis des smartphones. Je leur confiais un appareil en leur demandant de photographier ce qui les intéressait puis d’expliquer leur choix. Ça m’a amené à concevoir la photo différemment."

Comme un juste retour des choses, une ancienne pensionnaire de la colo a repris contact avec Marc récemment. Amatrice de photo et d’urbex, Marie lui a proposé d’explorer des bâtiments désaffectés. Une nouvelle occasion de découvrir, observer, pratiquer et apprendre.

 

Marc, en trois mots

  1. Style : "Je n’ai pas un style immédiatement reconnaissable et je ne suis pas sûr d’en avoir envie. C'est le lieu et l'ambiance qui proposent aussi un style. Devant un immeuble, le cadre est large et graphique. Au sein d’une fête, je privilégie les gros plans et le cadrage décalé. Mon but est de transmettre ce que je ressens et de prendre du plaisir."
  2. Instant : "Certains disent que photographier empêche de profiter de l’instant présent. Je pense le contraire : je suis attentif à l'extrême, pleinement concentré sur ce que je vois, ce que j’entends. C’est ma façon d'être présent au monde."
  3. Impression : "J’imprime mes albums photos ou certains clichés. Je pense qu’une photo doit être imprimée. Sinon, elle reste juste une image. La finalité est de réaliser un livre, pour raconter une histoire. En cela, la photo est très proche de la littérature."